Le Devoir, 29 NOV 1962 *
Source: “Les hommes ‘competents’ de M. Gordon … Qui sont-ils ?” par Patrick ALLEN, Le Devoir, Montreal, jeudi, 29 novembre 1962, la manchette.
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“Les hommes ‘competents’ de M. Gordon … Qui sont-ils ?” par Patrick ALLEN, Le Devoir, Montreal, jeudi, 29 novembre 1962
“Les hommes ‘competents’ de M. Gordon … Qui sont-ils ?”
Par Patrick ALLEN
Est-il vrai que le Canadien National, qui a “importé” M. Donald Gordon, recrute ses directeurs exclusivement dans les rangs de ses employés?
C’est ce que M. Gordon a publiquement laissé entendre.
Mais c’est ce qui est faux.
Un universitaire canadien-français, M. Patrick Allen, vient de se livrer à des recherches sur la carrière de 17 des 29 directeurs du Canadien National.
Il résulte de ces recherches que:
• cinq seulement de ces dix-sept directeurs sont sortis du rang;
• que trois dirigeants actuels (le contrôleur, le vice-président executif et M. Gordon lui-même, n’avaient aucune expérience directe dans les chemins de fer quant ils ont obtenu leurs postes;
• que les neuf autres n’ont eu que de cinq à dix ans de probation dans les postes déjà importants avant d’atteindre le sommet.
Pourquoi la “chance” ainsi offerte à au moins 12 des directeurs actuels ne ;’a-t-eUe pas été à quelques Canadiens français—avocats, médecins, comptables, ou journalistes? Pourquoi M. Gordon refusent d’aller chercher “ailleurs” des Canadiens français de valeur— à supposer qu’il n’y en n’ait pas chez lui—puisqu’il ne se gène pas pour importer des “compétences” anglophones?
Après l’analyse de M. Allen, ces questions — et d’autres — acquièrent une singulière acuité.
Par Patrick ALLEN
A la fin de son témoignage de quatre jours devant le comité parlementaire des chemins de fer, M. Donald Gordon a de nouveau déclaré qu’il lui était encore impossible de trouver un Canadien français pour occuper l’un des hauts postes de la société dont il est le directeur. Le gouvernement a cependant pu trouver en octobre 1961 trois Canadiens français pour constituer le conseil d’administration de douze membres du Canadien National alors que M. Gordon n’est pas parvenu à en trouver un seul après douze ans pour former son conseil de 28 directeurs, les hommes-clé de l’entreprise.




