Le Devoir 28 NOV 1962 *
Source: Le Devoir, Montreal. Mercredi, 28 novembre 1962.

Un créditiste, un libéral et un NPD
tombent d’accord : “Chassez Gordon”. Le Devoir, 28 novembre 1962.
Un créditiste, un libéral et un NPD
tombent d’accord : “Chassez Gordon”
OTTAWA (DNC) — Trois députés appartenant à des parties différents ont réclamé hier la tête du président des Chemins de fer nationaux, M. Donald Gordon.
M. Gilles Grégoire, créditiste de Lapointe, Alexis Caron, libéral de Hull et Arnold Peters, NPD de Timiskaming [sic], ont tous trois taxé M. Gordon d’incompétence et ont réclamé sa démission.
M. Grégoire a même proposé amendement aux prévisions budgétaires interimaires de la Commission des transports canadiens réclamant la démission du président des Chemins de fer nationaux.
C’est M. Peter qui a attaché le grelot en dénoncant le service des trains du Canadien national dans le nord ontarien.
Il a dit que M. Gordon devrait retourner à son métier de banquier et cesser d’administrer un chemin de fer. Je crois, dit-il qu’il est temps de se débarrasser de Gordon.
M. Alexis Caron, a déclaré qu’il est injuste de permettre au Canadien national de faire la concurrence à l’entreprise privée du camionnage et il a ajouté que “le président des Chemins de fer nationaux est incompétent pour occuper le poste qu’il détient actuellement. Au lieu de lui voter des crédits, nous devrions voter pour nous débarrasser de lui et trouver un homme capable d’administrer les Chemins de fer nationaux”. Il a rappelé les insultes faites par M. Gordon aux Canadiens français. “Je crois, a-t-il précisé que nous devons dire à M. Gordon que nous sommes fatigués de lui et qu’il est temps de quitter son poste”.
Le député créditiste de Lapointe jubilait.
M. Grégoire a dit qu’il est surpris de voir les libéraux critiquer ainsi M. Gordon, puisque c’est l’ancien ministre des transports, M. Lionel Chevrier qui l’a nommé à ce poste.
Il a accusé M. Gordon d’avoir contribué à la rareté de l’argent alors qu’il occupait le poste de directeur de la Banque du Canada de 1929 à 1939. C’est encore M. Gordon qui a imposé des sacrifices aux Canadiens pendant la guerre alors qu’il était président de la Commission des prix.
Il a eu le néfaste génie d’inventer de petits coupons pour dire aux Canadiens combien ils devaient manger de beurre, de sucre, acheter telle quantité de gasoline, de pneus, etc., etc.
Après avoir rendu service aux maîtres de la finance, a continué M. Grégoire, le parti libéral l’a récompensé en le nommant à la présidence des chemins de fer nationaux au salaire de $75,000 par année.
A nous trois, a ajouté M. Grégoire, (il faisait allusion à MM. Caron et Peters) nous pouvons trouver une solution et nous débarrasser de Gordon en réclamant sa démission.
M. Chevrier, qui avait été mis en cause, a précisé qu’il n’avait pas mis en cause la compétence de M. Gordon. D’ailleurs, le gouvernement actuel conserve sa confiance en M. Gordon, puisqu’il l’a nommé président des chemins de fer à deux reprises.
Il trouve cependant injuste le traitement infligé aux Canadiens français qui ne peuvent pas accéder aux postes de vice-présidents des Chemins de fer nationaux. Il a ajouté qu’il n’est pas prêt à accepter la réponse de M. Gordon aux représentations qui lui ont été faites à ce sujet.
Défi à Gordon
Un comptable de Montréal, M. Maurice Gaudry, à défié M. Donald Gordon de prouver que les Canadiens français sont incapables d’occuper un poste-clé au Canadian national.
Dans son télégramme qu’il a fait parvenir au président des Chemins de fer nationaux du Canada, M. Gaudry se dit prêt à assumer gratuitement une haute fonction, pendant six mois, au Canadian national, pour prouver à M. Gordon qu’il est capable, en tant que Canadien français, d’occuper un poste-clé au Canadian National.
M. Gaudry souligne qu’il est prêt à accepter ce poste même s’il devait pour cela “perdre des revenus substantiels”.
M. Gaudry est membre de la firme de comptables agrées, Gaudry, Brosseau, Benoit et Roy.
La SSJB de Montréal : Gordon a fait preuve d’incompétence
La Conseil général de 1a Société Saint Jean Baptiste de Montréal, réuni en assemblée régulière, a pris connaissance ces jours derniers, des déclarations méprisantes de M Donald Gordon à l’endroit des Canadiens français. La Société est d’avis que M. Gordon s’est mal acquitté de ses responsabilités comme administrateur d’une entreprise publique puisqu il ne s’est pas soucié de voir à ce que les citoyens canadiens français soient représentés proportionnellement à leur nombre parmi les administrateurs d’une compagnie dont tous les contribuables ca¬nadiens sont également propriétaires.
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Notes: In other words, the SSJB is accusing Gordon of incompetence because he has NOT broken the law on Fair Employment Practices by engaging in “affirmative action” known as positive discrimination in favor of QUOTAS by race, national origin or language, instead of by merit.
Notes: Add to this another accusation elsewhere, also the SSJB — I think Valleyfield — demanding his resignation because he personally did not “officially recognize” something or other; which legally, he has zero power to do; and constitutionally, anyone with legal power could not do it without impliedly amending Confederation into Upper and Lowere Canada writ large.




