* Le Devoir, 22 NOV 1962 (Planification par l’Etat) *
Source: Le Devoir, xxx xxx xxxx“Jean Marchand: planification par l’Etat” – double headline with a super-title. “F.-A. Angers: planification provinciale”. Plusieurs articles intéressants dans cette issue sur la planification, et sur l’incident de « Donald Gordon ». Télécharger le journal complet du 22 novembre 1962. //// Link this to BANQ page with the actual newspaper to download. //////

“Jean Marchand: planification par l’État” / “F.-A. Angers: planification provinciale”.
Lire: M. Gordon nie avoir fait des distinctions.
● Jean Marchand: Planification par l’Etat
● F.-A. Angers: Planification provinciale
Selon Jean Marchand
QUÉBEC — Selon M. Jean Marchand, président général de la CSN, au Canada, “il nous faudra une planification sinon l’initiative de l’Etat devra être, au moins pour une période, prépondérante et l’usage de l’entreprise d’Etat relativement important”. M. Marchand prenait la parole hier matin au congrès des affaires canadiennes au cours d’une séance dont le thème était s: “Le rôle de l’Etat dans l’entreprise”.
Le président de la CSN a expliqué qu’il partait du principe qu’une économie, quelle que soit la richesse des biens et des services qu’elle produit, ne remplit pas sa fonction si elle ne permet pas au plus grand nombre de bénéficier de ces biens et services dans la plus grande liberté possible. L’économie canadienne, selon lui, ne permet pas actuellement une telle consommation. Cette économie est beaucoup trop dépendante de l’économie américaine et les chômeurs sont, relativement, de plus en plus nombreux.
Devant cela, l’action des divers gouvernements est à peu près nulle. “Les entreprises des gouvernements provinciaux ont été rares et tracassières”. Le gouvernement fédéral met à son action un peu plus de décorum peut-être et d’efficacité administrative, mais c’est tout, lui non plus n’agit pas.
M. Marchand a décrit sommairement les initiatives de l’Etat dans trois pays européens, la Suède, le Royaume-Uni et la France, pour tenter de voir ce qu’il serait possible de faire au Canada.
De l’exemple de ces trois pays, il conclut que “la planification sera plus étatique, par conséquent plus explicite dans nos démocraties parlementaires. et utilisera plus largement l’entreprise d’Etat vraisemblablement, si les consommateurs sont plus loin du pouvoir et la structure économique moins capable de la faire elle-même.”
C’est à partir de cette conclusion générale que M. Marchand affirme qu’au Canada, l’initiative de l’Etat devra être prépondérante “car les intérêts privés constituent la force politique dominante dans notre vie politique et de plus notre structure économique est très précaire …”
Pour “ceux qui tiendraient à savoir à tout prix” jusqu’où peut aller l’entreprise d’Etat, M. Marchand affirme que “si les circonstances le justifient et que l’économie peut ainsi remplir sa fonction, on peut employer l’entreprise privée partout, sauf dans les secteurs répondant à des besoins essentiels: éducation, santé, radio-télédiffusion; si par contre les circonstances exigent l’utilisation de l’entreprise publique, on pourra y avoir recours jusqu’au point où on laissera la possibilité à l’homme qui veut vivre en marge de ce système économique d’acquérir privément les moyens de production nécessaires pour gagner la vie de sa famille et la sienne comme il l’entendra.”
Selon F.-A. Angers
Par Evelyn GAGNON
QUÉBEC. — M. François-Albert Angers, économiste, a déclaré hier, au congrès des affaires canadiennes, que la planification doit être faite au niveau provincial seulement, au Canada, et quelle doit être élaborée à partir de la base.
M. Angers, qui est directeur de l’Institut d’économie appliquée aux HEC, prenait la parole, avec M. T. C. Douglas, à la deuxième séance du congrès des Affaires canadiennes de Laval, séance qui avait pour thème “La planification économique au Canada: nécessité ou futilité”.
M. Angers s’est opposé au titre même de la séance, affirmant que même les libéralistes les plus convaincus n’opposeraient pas les mots planification et futilité. Libéralistes, a-t-il dit, parleraient peut-être des dangers de la planification, et il y a des dangers, selon lui, mais ils ne parleraient sûrement pas de sa futilité.
“On m’a choisi comme opposant de M. Douglas, souligna M. Angers, à cause de ma réputation, réputation surfaite, d’être un libéral impénitent … il y aura des déceptions”.
En effet, M Angers a fait remarquer que l’équipe de sa génération avec laquelle il a travaillé pendant un quart de siècle, l’équipe des Semaines so-
A la page 7, lire deux autres articles sur le congrès des affaires canadiennes. M. T. C. Douglas dit que le plein emploi est le premier objectif de la planification. M. Gilles Grégoire explique devant les congressistes le distinction qu’il fait entre la nationalisation et l’étatisation.
ciales du Canada, de l’Action nationale et de l’Action corporative, ont été les premiers à reclamer la planification. Il a souligné que les jeunes d’aujourd’hui qui ne connaissent cette tranche d’histoire de la province que par les écrits de Pierre-Elliot Trudeau et Cité Libre ne se doutent pas de ces prises de position, et croient avoir inventé la planification.
M. Angers a cité quelques textes, l’un de M. Esdras Minville, datant de 1927, l’autre de lui-même, datant de 1937, où était réclamée, entre autres, “l’organisation de l’économie selon un ordre logique.”
Mais selon M. Angers, pour être fidèle aux visées des hommes de sa génération qui ont réclamé la planification, il faudrait que la planification se fasse “par la base”. A ce propos, il s’est élevé contre la définition que donne le rapport du conseil d’orientation économique de cette forme de la planification, puisqu’on y définit la planification par la base comme une sorte de génération spontanée où le gouvernement n’aurait pas de rôle.
La véritable planification par la base, à laquelle participeraient tous les agents économiques de la société, semble la seule acceptable à M. Angers. Il estime que tout remettre entre les mains du parlement, sous prétexte que celui-ci est
Voir p 2: Selon M. Angers
Selon M. Angers,–
(Suite de la première page)
élu au suffrage universel tous les quatre ans, est inacceptable.
Le danger de la planification par le haut, uniquement gouvernementale, est selon lui que les besoins de la population soient définis en fonction de ce que les experts pensent qu’elle est, non de ce qu’elle est réellement. Ce danger existe aussi toujours, selon M. Angers, dans la création de conseils économiques régionaux, dont les dirigeants pourraient avoir tendance à adopter une attitude bureaucratique et paternaliste.
La planification par le haut, a-t-il dit, me fait penser à ces pauvres victimes, de la thalidomide, dépourvues de membres, capables d’appréhender les choses, et de membres capables d’exécuter des projets”.
Les gouvernements provinciaux doivent être seuls responsables de l’élaboration de la planification, selon M. Angers, le gouvernement fédéral se contentant de coordonner les efforts, particulièrement au niveau des politiques financières et fiscales.
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Notes: generating racism via sedition so they can break up the country to get the power to do a communist plan! All happening simultaneously. Calling for “association”, “state planning”, “provincial planning”, new (non-ethnic) flag of Canada, bringing in Carl Goldenberg, generating hatred for Canada, paving way for the FLQ disguised as “patriotes” to create the problem they plan to “solve” by dismantling Canada.
Notes: wht they seem to be doing within 48 hours after the Gordon attack by Gilles Gregoire (one of the speakers in the conference above), is trying to soften up their audience with a half-way approach to state planning. Perhaps they hope to fend off any unfriendly observers in the USA while they simultaneously have gone on the attack to break up Canada precisely so they can do full-blown planning on the Yugoslav model.




