Le Devoir 1 DEC 1962 – big draft to finish
Source: Le Devoir, Montréal, samedi, 1er dvcembre 1962, la manchette.
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50 députés du Québec demandent au CN de rendre justice au Canada français
50 députés du Québec demandent au CN
de rendre justice au Canada français
OTTAWA. — Les deux tiers des députés de la province de Québec à la Chambre des communes ont décidé hier de donner leur appui à une résolution demandant aux Chemins de fer nationaux de nommer sans délai des Canadiens de langue française à tous les niveaux de sa haute administration. Des députés des trois partis, conservateurs, libéral et créditiste, font partie du groupe.
Le texte de la résolution, écrite en français, a été rendu public par MM. Roland English, député conservateur de Gaspé, Gaston Clermont, député libéral de Labelle, et Guy Marcoux, député créditiste de Québec-Montmorency.
Les trois porte-parole du groupe ont dit que cinquante des 75 députés de la province de Québec avaient donné leur appui à la résolution. Ils ont cependant refusé de donner leurs noms ou de dire combien de députés de chaque parti faisaient partie du groupe.
La résolution exige des Chemins de fer nationaux qu’ils prennent des mesures immédiates pour assurer aux Canadiens français “une représentation juste et équitable” à tous les niveaux de son administration. Elle fait allusion aux déclarations faites la semaine dernière par M. Donald Gordon, président des Chemins de fer nationaux, devant le comité de la Chambre des communes sur les chemins de fer. Ce sont ces déclarations, ont dit les députés sans toutefois préciser lesquelles, qui ont provoqué cette action commune de la députation québécoise.
M. Gordon a révélé au comité mardi dernier que le personnel des Chemins de fer nationaux ne comptait aucun Canadien français capable d’accéder à l’un des 28 postes supérieurs de la société d’Etat. Il a cependant ajouté que cette situation pourrait être corrigée éventuellement grâce au grand nombre des diplômés sortant des universités canadiennes-françaises.
M. Gordon a précisé que les Chemins de fer nationaux n’exerçaient aucune forme de discrimination dans leurs nominations, “le meilleur homme est choisi, a-t-il dit, peu importe s’il est noir, blanc, rouge ou français”.
4 questions à M. Gordon
Par Patrick ALLAN
A la premiere page de son numéro du 29 novembre, Le Devoir reproduisait une analyse de M. Patrick Allen sur les hommes “compétent” qui entouraient M. Donald Gordon à la direction du Canadien National. Depuis, M. Gordon a nié toutes les accusations de discrimination qui avalent été portées contra lui, affirmant “qu’il y a 13 pour cent des employés supérieurs du Canadien National qui sont canadiens-français”. En réponse à cette affirmation de M. Gordon M. Allen lui pose quatre questions.
La déclaration tardive que M. Gordon vient de faire à la presse ne règle rien.
Est il bien vrai que, selon M. Gordon, “certains commentaires formulés ces derniers jours dans les journaux, à la redio et à la télévision … laissent entendre tout à fait faussement qu’il n’y a pas de Canadiens français occupant des postes supérieurs à la compagnie et que le personnel n’est pas compétent”? M. Gordon aurait du préciser de quels commentaires il s’agit.
S’il y a eu de tels commentaires, qui les a provoqués ? Les journalistes ont-ils tout inventé de toute pièce? Pour nous convaincre, pourquoi M. Gordon n’a-t-il pas donné le texte précis de ses propres déclarations qu’il a faites devant le comité parlementaire des chemins de fer ?
Quand M. Gordon déclare qu’il y a 13% de Canadiens français au Canadien National est-ce un témoignage de compétence qu’il rend à ceux qui représentent 30% de la population active du Canada? Au reste, le problème n’est même pas de savoir s’il doit y avoir 10, 20 ou 40% de Canadiens français au Canadien National, mais de savoir s’ils sont traités d’une façon équitable quant à leur promotion. On peut toujours douter de l’équité du traitement
Voir page 2: 4 questions
ANDRÉ LAURENDEAU RÉCLAME
Enquête sur la participation des Canadiens français dans les services du gouvernement
Nos éditoriaux
André Laurendeau, en éditorial : “Brûlons Gordon en effigie si ça nous chante. Mais appliquons un fer rouge sur tout ce qui donne à Gordon un semblant de raison.”
Claude Ryan affirme, au bloc-notes, que le racisme, foui en reculant, continue de faire des victimes en plein coeur de notre propre pays.




