La Presse, 20 DEC 1962 *

Source:  “Journée à marquer d’une pierre blanche” par Vincent Prince, La Presse, Montréal, 20 décembre 1962, Editorial, page 4.

D R A F T – I need the French and English Hansard of 17th Dec 1962, Pearson, whom Prince seems to be quoting. Then use THAT for fix up the English; and for information purposes, compare to Prince’s Frenchy quotes (which obviously were translations even in Hansard).

“Journée à marquer d'une pierre blanche” par Vincent Prince, La Presse, Montréal, 20 décembre 1962

“Journée à marquer d’une pierre blanche” par Vincent Prince, La Presse, Montréal, 20 décembre 1962,
Editorial, page 4

Journée à marquer
d’une pierre blanche

IL FAUDRA décidément marquer d’une pierre blanche la journée du lundi 17 décembre 1962 aux Communes.

Pour la première fois, probablement, dans l’histoire de notre pays, des représentants des quatre grands partis politiques ont reconnu la nécessité de repenser les clauses du contrat de société intervenu en 1867 entre les deux grandes races du pays. Au lieu de continuer à jouer le jeu de l’autruche, ces hommes politiques, M. Lester B. Pearson en tête, ont reconnu l’extrême malaise qui gagne de plus en plus l’un des deux partenaires et ont proclamé la nécessité d’un diagnostic en pleine lumière.

Une enquête sur le bilinguisme et le bi-culturalisme à travers le pays, et particulièrement au niveau de la fonction publique, s’impose, ont-ils proclamé, pour déceler les causes de ce malaise et suggérer les remèdes appropriés.

Comment ne pas se réjouir profondément quand nous avons nous-même[s] réclamé une telle enquête à grands cris depuis plus d’un an !

Certes, l’enquête n’est pas encore accordée, mais après le spectacle dont on a été témoin, lundi, et qui s’est continué, hier, avec l’intervention, notamment, de M. T.C. Douglas, les dernières résistances sont sûrement à la veille de s’émousser.  Le “Globe and Mail”, journal conservateur de Toronto, ne fait-il pas lui-même allusion à une rumeur voulant que le gouvernement Diefenhaker s’apprête à faire connaître son adhésion au projet.

• • •

Dans son magistral discours d’avant-hier, M. Pearson a abordé le problème exactement comme il doit être abordé.

Quelle que soit, a-t-il dit, l’opinion des juristes, il reste que la Confédération a été une entente, un contrat de société entre deux races qui avaient imaginé cet instrument pour mieux se réaliser individuellement et mieux résister à la force d’attraction des Etats-Unis; On voulait ainsi développer plus facilement un continent selon une formule différente du “melting pot” adoptée par nos voisins du sud.

Chacune des deux grandes nations devait pouvoir compter sur une égalité de chance et contribuer, en proportion de son importance, au développement et à l’administration du pays à naître.

Mais tout indique que l’entente fut plus académique que réelle.  Comme le reconnaît honnêtement M. Pearson, “à l’extérieur de la province, et au fur et à mesure que le Canada s’est développé, elle (l’entente) a été plus souvent violée qu’observée, et pour des raisons qui se comprennent facilement.

“Il en est résulté deux interprétations différentes de la Confédération, ce qui a créé confusion, frustration et certaines querelles.  Pour les Canadiens de langue française, la Confédération établissait une nation bilingue et bi-culturelle.  Elle protégeait leur langue et leur culture par tout le Canada.  Elle signifiait association — non domination.  Les Canadiens de langue française ont cru que cette association procurerait aux deux races fondatrices des occasions égales de participer à toutes les phases de l’expansion du Canada.

“Les Canadiens de langue anglaise étaient convenus que le pacte de la Confédération protégeait les droits des Canadiens français de la province de Québec, au Parlement aussi bien que devant les tribunaux fédéraux.  Mais la plupart étaient d’avis que les dispositions de ce pacte ne s’étendaient pas davantage, ce qui, à toutes fins pratiques, signifiait qu’il existerait un Canada de langue anglaise avec un Québec bilingue.  Le fait français ne devait avoir qu’une portée provinciale.”

En somme, on se trouve apparemment devant un contrat où l’un des contractants a été roulé au moment même de la rédaction ou dans l’interprétation qu’on en a donnée par la suite.

• • •

Dans ces conditions, faut-il annuler le contrat ou le récrire ?  La réponse à cette question n’a pas tellement d’importance pourvu qu’on accepte, enfin, de sortir de l’équivoque.  Le groupe canadien-français continue toujours de concevoir la Confédération comme une alliance de deux nations égales en droit et il est toujours prêt à respecter ses obligations au sein de cette alliance.  Même s’il doit rajuster certaines de ses attitudes.  Mais à condition que son partenaire en fasse autant.

Toutefois, à l’heure actuelle, répétons-le, le grand bobo, c’est que l’on ne s’explique pas, que l’on ne se comprend pas.  Une enquête nous révélerait d’abord si le Canada admet, oui ou non, que les deux cultures ont droit de cité d’un océan à l’autre et si l’on est prêt à contribuer à leur épanouissement respectif.  Elle nous apprendrait ce qui se fait concrètement, à l’heure actuelle, sous ce rapport, et les correctifs qu’il y aurait lieu d’apporter à la situation.

Comme les questions de culture relèvent de la juridiction provinciale, du moins en très grande partie, pareille enquête devrait requérir la collaboration et la participation active de tous les gouvernements provinciaux.  M. Diefenbaker pourrait soulever la question à la conférence fédérale-provinciale prévue pour le début de l963.  De toute façon, comme l’a soutenu M. Pearson, le refus des provinces ne devrait pas faire échouer une telle initiative.  Ottawa devrait alors procéder seul en se limitant pour l’instant aux domaines que lui réserve la constitution.

• • •

Cette enquête nous vaudra peut-être des surprises désagréables.  Des propos durs, voire acrimonieux seront probablement échangés.  Puis, après ! les querelles au sein d’un ménage servent souvent à le fortifier.  Il y a des abcès qui doivent crever.

Personne ne songerait à se plaindre, si cet affrontement devait nous permettre d’inaugurer un deuxième siècle de coexistence sur un bon pied et d’éviter, pour l’avenir, les manifestations périodiques qui menacent de faire sauter les structures mêmes du régime.

Si, d’autre part, cet examen de conscience collectif allait nous indiquer que la Confédération n’est pas viable, eh bien, autant le savoir de façon positive le plus tôt possible !

Vincent PRINCE

 

Home
Definition:  rabble-rousing
Adjective:  rabble-rousing  'ra-bulraw-zing
1.  Arousing to action or rebellion

"By contrast, such people fear charismatic or rabble-rousing oratory because it seems to by-pass the rational faculties of the audience"

-- WordWeb 7, 2006, Princeton University

Donald Gordon burned in effigy by the rabble
Donald Gordon burned in effigy (1962)
Railway Committee Minutes: What he really said
Committee Minutes (Original English)
Committee Minutes
(Original English)

Committee Minutes (Official French)Committee Minutes
(Official French)
Événements mal compris / Events Misunderstood
FINISH OCR'ing and footnoting this article: https://thedonaldgordonincident.net/quebec-and-the-future-of-canada-d-j-dooley-for-the-review-of-politics-vol-27-no-1-jan-1965-pp-17-31-accepts-the-headlines-misses-the-communist-infiltration/
Effigy Burning (University of Ottawa)

6 DEC 1962

300 étudiants ... brûlent Donald Gordon - 10 arrestations ...
“300 étudiants ... brûlent Donald Gordon ... La Presse, 6-12-1962
“300 students ... burn Donald Gordon ...” La Presse, 6-12-1962

TO DO: I need to find out who organized this, and if they're red, put it down to Communist mobilization, move it up to the other widget.   ADD Hull, if I keep this category: https://thedonaldgordonincident.net/la-presse-10-dec-1962/