La Presse, 18 DEC 1962 *

Source:  “L’unanimité se fait autour de la suggestion de M. Pearson …” La Presse, Montréal, Mardi 18 décembre 1962

L'unanimité se fait autour de la suggestion de M. Pearson

“L’unanimité se fait autour de la suggestion de M. Pearson …”
La Presse, Montréal, Mardi 18 décembre 1962

L’unanimité se fait autour de la suggestion de M. Pearson …
… sauf pour M. Caouette !

par Jean CHARPENTIER

OTTAWA — La seule note discordante dans le débat d’hier fut émise par le leader adjoint du Crédit social, M. Caouette, selon lequel l’unité canadienne ne peut être réalisée.

Ayant à peine, d’ailleurs, effleuré le sujet, le député de Rouyn-Noranda est vite retourne à son dada : l’augmentation artificielle du pouvoir d’achat des individus.

“Quand bien même nous nous attarderions à parler d’entente, d’unité que nous ne ne pouvons réaliser, a déclaré M. Caouette, il y a une unité que nous devons réaliser et c’est l’unité économique de notre pays”.

Cette unité, le chef créditiste entend la réaliser en distribuant à tous des bons de $100 pour l’achat de biens canadiens.  Et M. Caouette de s’étendre longuement sur la description de “certaines ruelles de la ville de Montréal où l’on voit des gens fouiller dans des poubelles, derrière les restaurants, pour ramasser des restants, parce qu’ils n’ont pas le droit, comme financiers, d’aller acheter dans les magasins” …

Au début de ses remarques, le leader adjoint du Crédit social avait tenu à affirmer que dans le débat en question, son parti demeurerait au-dessus des querelles partisanes …

En toute justice, il convient de signaler que dans un autre passage de son discours, M. Caouette s’est contredit lui-même en déclarant:  “l’unité nationale se réalise, l’entente se réalise.  Il s’agit de bonne volonté.  Nous y arriverons à coup sûr, j’en ai la conviction profonde.”

II s’agirait évidemment de déterminer à quel moment M. Caouette était sincère, mais connaissant l’individu, on peut aisément supposer qu’il était chaque fois de façon différente …

Quoi qu’il en soit, il a recommandé, “comme l’a dit le chef de l’opposition”, la création d’un ministère des relations fédérales-provinciales afin de permettre aux provinces de se mieux connaître entre elles.

Sans doute M. Caouette faisait-il allusion à la suggestion émise par M. Pearson d’une rencontre fédérale-provinciale.

En joute, le chef créditisle a félicité le gouvernement de l’Ontario pour avoir autorisé l’enseignement du français dans des classes plus basses que précédemment.

M. Caouette voulait probablement parler d’une décision à cet effet récemment adoptée par le conseil de ville de Toronto.

Sur ce, ayant épuisé son temps de parole, le leader adjoint du Crédit social se vit refuser par la Chambre l’autorisation de continuer.

 

M. Chevrier veut un changement radical

OTTAWA — M. Lionel Chevrier a déclaré hier qu’il n’y aura pas de second centenaire de la Confédération si un changement radical ne s’opère bientôt dans les relations entre les deux principaux groupes ethniques du pays.

 

Grégoire:  Il faut faire le point …

OTTAWA. (M.G.) — “Il ne s’agit pas ici de proférer de menaces ou de faire du chantage, mais nous croyons qu’il est temps de faire le point”.

C’est ainsi que s’est exprimé hier le député de Lapointe, M. Gilles Grégoire, lorsqu’il a réclamé aux Communes l’institution d’une commission d’enquête sur tous les aspects du bilinguisme.

En toute justice, il convient de dire ici qu’officiellement, ainsi en témoignera le Hansard, M. Grégoire a été le tout premier député à parler hier d’une telle enquête.

Servi par les circonstances, — il terminait un discours commencé vendredi, — M. Grégoire a formulé sa proposition à la fin d’un réquisitoire contre le président du National-Canadien, M. Donald Gordon, qu’il a taxé d’ignorance et d’incompétence.

Si tous les journaux donnent aujourd’hui M. Pearson comme vedette de ce débat, c’est que le chef de l’opposition avait choisi comme thème de son discours, — discours préparé depuis quelques jours, — cette question du bilinguisme.  Sans minimiser les propos de M. Grégoire, il faut convenir qu’ils n’ont été qu’accidentels, même s’ils ont bel et bien été voulus.

Les libéraux se préparaient à ce débat depuis des jours.  L’inspirateur, dit-on, aurait été le député des Iles-de-la-Madeleine, M. Maurice Sauvé qui, hazard du jeu, n’a pû parler hier.

Revenant à M. Grégoire, disons qu’il a affirmé que les Canadiens de langue française ne souffrent d’aucun complexe d’infériorité et qu’ils sont prêts à lutter pour faire du Canada l’un des plus grand pays au monde.

“Nous avons survécu depuis quatre siècles, dit-il, et vous pouvez être assurés, Monsieur le président, que non seulement nous allons continuer à survivre, mais à survivre en tant que nation, ici au Canada”.

“Nous nous sommes battus pour que notre notion survive ; c’est pourquoi nous sommes d’autant plus fiers d’être des citoyens de langue française”.

Plus loin dans son discours, le député a réclamé une entente générale sur des points généraux, une déclaration de principes sur le bilinguisme et sur la participation des canadiens français au fonctionnarisme à tous les échelons et à tous les niveaux.

Le temps est venu, dit-il encore, d’établir une commission royale d’enquête sur le bilinguisme et sur la participation des Canadiens français au fonctionnarisme.

Sans foire de menace, comme il l’a affirmé, le député de Lapointc a terminé son discours en déclarant que le Canada français “se développera dans l’ensemble du Canada avec pleine reconnaissance de ses droits, où il s’orientera vers une vie séparée”.

Prenant part au débat sur l’unité nationale, le député de Montréal-Laurier a affirmé que “nous en sommes arrivés à un point où nous semblons être à la merci des éléments, et où l’incident en apparence le plus insignifiant peut soulever les passions les plus vives et provoquer des blessures quasi irréparables.”

“Notre pays, a-t-il poursuivi, traverse actuellement une crise d’unité nationale, crise qui semble s’aggraver à mesure que nous approchons du centenaire de la Confédération”.

Aux yeux de M. Chevrier nous ce centenaire, M. Chevrier a déclaré qu’elle ne devrait pas consister en l’érection de quelque monument, la présentation de quelque festival ou exposition.

“Si nous voulons fêter la Confédération ensemble et à l’unisson, a-t-il dit, il faut commencer dès maintenant une retraite spirituelle, réfléchir non seulement à ce que nous sommes mais à ce que nous voulons devenir.  Nous devons nous préparer à refaire en quelque sorte la Confédération et à redéfinir surtout son esprit”.

Aux yeux de M. Chevirer nous faisons face au Canada à deux formes d’extrémisme, à deux séparatismes ayant atteint chacun un degré intolérable.

D’un côté, il y a des Canadiens anglais qui s’opposent avec véhémence au rayonnement de la culture française au dehors du Québec et qui refusent par principe d’apprendre le français sous prétexte de ne pas s’abaisser.

A l’autre extrême, il y a des Canadiens français qui veulent effacer complètement toute influence anglaise dans la province de Québec et qui se refusent à parler anglais.

“Ces deux extrêmes se touchent, a-t-il continué, ils s’alimentent l’un l’autre.  Tous deux conduisent clairement à la disparition du Canada tel que nous le connaissons et, tôt ou tard, à l’assimilation dans le grand tout américain”.

La seule alternative est d’apprendre de part et d’autre non seulement à demeurer soi-même et à mieux vivre sa culture propre, mais aussi à devenir un peu l’autre et à participer plus activement à la culture de l’autre.

Cependant, a déclaré M. Chevrier, il ne suffit pas de prêcher l’unité nationale, il faut également agir et profiter de ce qui est peut-être notre dernière chance de ce faire.

A ce sujet, il a sollicité l’appui unanime de la Chambre aux propositions formulées par le leader fédéral M. Pearson :  rencontre fédérale provinciale en vue d’instituer une enquête sur le bilinguisme.

Cet appui avait déjà été spontanément offert, plus tôt dans la journée, par des porte-parole des quatre partis.

 

L’entente mutuelle est la base du succès de notre destinée

— Pierre Sévignry

par Marcel Gingras

OTTAWA. — “Notre pays grandira et atteindra la plénitude de sa magnifique destinée le jour où les deux grandes nations du pays vivront dans un climat d’entente mutuelle et de collaboration totale”.

Prenant la parole à la suite du chef de l’opposition, M. Pearson, qui venait de réclamer une enquête sur le caractère biculturel du Canada, le ministre associé de la Défense, M. Pierre Sévigny, a déclaré appuyer cette requête.

De cette enquête, croit le ministre, surgira un pays fort et uni.  D’ici là toutefois, il nous faut déplorer lacunes et erreurs.

Ramenant le débat à la cause immédiate qui l’a suscité, soit à l’affaire Gordon, M. Sévigny a déploré que “certaines personnes prétendent que nos diplômés québécois n’ont pas qualité pour occuper des positions d’importance dans à peu près n’importe laquelle des sphères de l’activité nationale”.

Afin d’excuser leurs regrettables omissions, dit-il, certains s’en prennent au régime d’enseignement du Québec.  Ayant lui-même étudié au Québec, le ministre assure avoir été à même de constater que “les diplômes de l’Université Laval, de l’Université de Montréal, de la faculté de Commerce de Québec, de l’Ecole des hautes études commerciales de Montréal, de Polytechnique et d’ailleurs se comparent à ceux des autres grandes institutions du Canada”.

“C’est pourquoi, ajoute-t-il, je n’hésite pas à dire que, si dans la grande industrie privée ou ailleurs, on n’a pas trouvé de fils du Canada français pour combler les postes d’importance, c’est principalement parce qu’on ne s’est pas donné la mal d’aller les chercher.”

Le ministre a profité de l’occasion pour condamner les extrémistes de langue française qui ont choisi le cénotaphe d’Ottawa pour leur démonstration anti-Gordon et ceux qui, à Montréal, ont descendu le “Red Ensign” de la Place Ville-Marie.

“Il est nécessaire, dil-il, de demander aux fils du Canada français de comprendre que des manifestations trop violentes ne sont pas de nature à faire entendre raison à nos frères des autres provinces.  Il faut aller de l’avant dans un esprit de conciliation”.

Invitation au public

Lorsqu’il a réellement abordé le sujet du débat, soit l’enquête demandée par M. Pearson, M. Sévigny a dit approuver ses propos, sauf en ce qui concernait l’esprit partisan qu’il a manifesté en faisant remonter à 1960 seulement la révolution industrielle et intellectuelle du Québec.

Plus loin, il a invité tous les citoyens à écrire à leur député respectif afin de faire connaître leurs vues sur la souveraineté nationale et le bilinguisme.

“L’unité nationale, a-t-il dit, ne sera atteinte que le jour où la population pourra se rallier autour des symboles que seront l’hymne et le drapeau, symboles dont le présent gouvernement veut doter le Canada, comme it l’indique clairement par la conférence fédérale-provinciale qu’il convoquera à cet effet.”

Préchant l’unité, le ministre a dit que l’un de ses gages sera le rôle que devront jouer les Canadiens de langue française, rôle d’importance égale à celui que jouent les Anglo-Canadiens, a-t-il ajouté.

“IL faut que nos frères de langue anglaise comprennent non seulement nos problèmes, mais également le fait que nous, Canadiens de langue française, sommes ici pour y rester, que nous sommes profondément attachés à nos traditions et que nous voulons continuer de parler cette belle langue française, qui est notre langue maternelle et l’une des plus belles au monde.

“Ce n’est que dans la perpétuation de cette tradition culturelle que les citoyens du Canada français,connaîtront leur plein épanouissement”.”

 

Il faut étendre l’enquête, dit M. Pigeon

OTTAWA (M.C.) — Le député de Joliettc-L’Assomption-Montcalm, M. Louis-Joseph Pigeon, a suggéré hier que le programme de la conférence fédérale-provinciale sur le choix d’un drapeau, annoncée dans le discours du Trône, soit élargi de façon à comprendre également la création d’une commission royale d’enquête sur l’unité nationale et la refonte de la constitution.

Parlant de la représentation canadienne-française dans la fonction publique, le député conservateur a affirmé qu’elle était inadéquate dans les ministères et surtout dans les compagnies de la couronne.

M. Pigeon a réclamé également une enquête sur la constitution en raison de ce qu’il a appelé l’érosion des pouvoirs de taxation.

“Le Conseil des arts, a-t-il expliqué, empiète sur le domaine de l’éducation, lequel appartient aux provinces; voici que le gouvernement fédéral donne maintenant des subventions aux universités et que, sans consulter les provinces intéressées, Québec et Terre-Neuve, il tente de réglementer la question du divorce”.

Enfin, M. Pigeon a réclamé une enquête sur les relations entre les deux principaux groupes ethniques, “afin a-t-il dit, que tous ensemble, en 1967m nous assistions avec joie au centenaire de la Confédération et non à ses obsèques”.

 

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Definition:  rabble-rousing
Adjective:  rabble-rousing  'ra-bulraw-zing
1.  Arousing to action or rebellion

"By contrast, such people fear charismatic or rabble-rousing oratory because it seems to by-pass the rational faculties of the audience"

-- WordWeb 7, 2006, Princeton University

Donald Gordon burned in effigy by the rabble
Donald Gordon burned in effigy (1962)
Railway Committee Minutes: What he really said
Committee Minutes (Original English)
Committee Minutes
(Original English)

Committee Minutes (Official French)Committee Minutes
(Official French)
Événements mal compris / Events Misunderstood
FINISH OCR'ing and footnoting this article: https://thedonaldgordonincident.net/quebec-and-the-future-of-canada-d-j-dooley-for-the-review-of-politics-vol-27-no-1-jan-1965-pp-17-31-accepts-the-headlines-misses-the-communist-infiltration/
Effigy Burning (University of Ottawa)

6 DEC 1962

300 étudiants ... brûlent Donald Gordon - 10 arrestations ...
“300 étudiants ... brûlent Donald Gordon ... La Presse, 6-12-1962
“300 students ... burn Donald Gordon ...” La Presse, 6-12-1962

TO DO: I need to find out who organized this, and if they're red, put it down to Communist mobilization, move it up to the other widget.   ADD Hull, if I keep this category: https://thedonaldgordonincident.net/la-presse-10-dec-1962/