The Real Reasons for the Low French-Canadian Presence in Ottawa
The Real Reasons for the Low French-Canadian Presence in Ottawa Revealed 13 Years Earlier in Liberal Newspaper
Les vraies raisons de la faible présence des Canadiens français à Ottawa révélées
13 ans plus tôt dans un journal libéral

“Les Canadiens français ne tirent pas pleinement parti du fonctionnarisme” 27 janvier 1949 / “French Canadians do not take full advantage of civil service jobs” January 27, 1949
Les Canadiens français ne tirent pas pleinement parti du fonctionnarisme |
French Canadians do not take full advantage of civil service jobs |
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Article non signé par LE CANADA, le journal du parti libéral |
Unsigned article by LE CANADA, the Liberal Party’s newspaper |
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Un commissaire sur trois, au moins, est convaincu que le Canadien français est loin de tirer plein avantage des carrières offertes par le service civil du Canada. |
At least one Commissioner in three is convinced that French Canadians are far from taking full advantage of the careers offered by Canada’s civil service. |
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Et ce commissaire n’est pas, mais pas du tout, sûr que cette lacune découle de sentiments politiques unilinguistes. |
And this commissioner is not, indeed not at all, sure that this shortcoming stems from unilingualist political sentiments. |
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Il s’agit de M. Alexandre Boudreau, assermenté le 13 janvier dernier comme commissaire – le dernier en date – de la Commission du service civil du Canada, en remplacement de M. Thivierge, retraité maintenant. |
Alexandre Boudreau was sworn in on January 13 as the latest Commissioner of the Civil Service Commission of Canada, replacing Mr. Thivierge, who has now retired. |
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Au lieu de disserter à l’infini sur notre véritable situation à Ottawa, contentions-nous de reprendre un dialogue que nous avons eu hier soir avec le nouveau commissaire. |
Instead of going on endlessly about our real situation in Ottawa, let’s just recap a dialogue we had last night with the new commissioner. |
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M. Boudreau est un home encore jeune – il dépasse à peine les quarante ans – et d’un dynamisme peu commun. De taille peut-être au-dessous de la moyenne, il a une belle présence et une forte personnalité. |
Mr. Boudreau is still a young man – just over forty – with an uncommon dynamism. Perhaps of below-average height, he has a fine presence and a strong personality. |
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Le regard est ferme, vif, direct, et surtout, inquisiteur. Avant de répondre à votre question, il l’a soupèse pour en supporter les conséquences possibles, et ce regard demande clairement où vous voulez en venir. Une fois atteinte l’évaluation mentale, la réponse vient, d’une langue chatiée, sans ambage, qui connait la valeur des mots et en tire pleinement parti. |
The gaze is firm, lively, direct and, above all, inquisitive. Before answering your question, he weighs up its possible consequences, and this gaze clearly asks what you’re getting at. Once the mental evaluation has been completed, the answer comes, from a polished, unambiguous tongue that knows the value of words and takes full advantage of them. |
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— Quelle est actuellement la plus grande difficulté du service civil ? |
— What’s the biggest challenge facing the civil service today? |
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Boudreau : Celle d’attirer dans ses rangs les compétences, surtout les compétences canadiennes-françaises. |
Boudreau: That of attracting competent people into its ranks, particularly French Canadians. |
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— Pourquoi ? |
— Why? |
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Boudreau : Pour plusieurs raisons, dont voici les plus apparentes : |
Boudreau: There are several reasons for this, of which the following are the most obvious: |
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a) Les Canadiens français, surtout ceux de haute competence, recoivent dans l’industrie des traitements superieurs a ceux qu’ils pourraient esperer dans le service civil, |
a) French-Canadians, especially those of high competence, receive higher salaries in industry than they could hope for in the civil service, |
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b) regle generale, le Canadien français n’est pas disposer a s’”expatrier” pour aller vivre a Ottawa, surtout s’il est chef de famille et si ses relations ne sont pas au sein de la capitale, |
b) as a general rule, French-Canadians are not inclined to “expatriate” to Ottawa, especially if they are heads of families and their connections are not within the capital, |
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c) la carriere du service civil n’est pas assez consideree par les notres comme veritable carriere, ou comme profession, dans laquelle on prend pied par suite d’une information, et ou l’on tache de se tailler un avenir. |
c) our people don’t sufficiently see a career in the civil service as a real career, or as a profession in which you gain a foothold through your expertise and try to forge a future for yourself. |
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— Quelles sont les principales deficiencies — si deficiencies il y a, — du mode d’enrolement au service civil ? |
– What are the main shortcomings —if any —of the civil service hiring process? |
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Boudreau : Si deficiencies il y a, celles-ci sont en constante correction. Le service civil a triple depuis un certain nombre d’annees quant a la quantite. De meme, les procedes de seletion se transforment de jour en jour, et charchent sans aucun doute a atteindre, sinon a depasser, le bareme de l’embauchage industriel. |
Boudreau:— If there are shortcomings, they are constantly being corrected. The civil service has tripled in size over the past few years. And selection procedures are changing day by day, and are undoubtedly aiming to reach, if not exceed, the standards of industrial employment. |
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— Les universities canadiennes-françaises sont elles aptes a qualifier nos jeunes pour des carriers civiles, disons par exemple, aux minister des Affaires exterieurs ? |
— Are French-Canadian universities able to qualify our young people for civil service careers in, say, the Ministry of Foreign Affairs? |
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Boudreau : Oui et non. Oui, en ce que nos colleges et universities offrent a nos jeunes les avantages d’une formation hors pair, qui peut rivaliser avec les institutions d’education ou que ce soit. Non, en ce que nos jeunes, s’ils ont une formation au-dessus de la moyenne, manquent de pratique, c’est-a-dire qu’ils n’ont jamais eu l’occasion d’appliquer la theorie recue. |
Boudreau : Yes and no. Yes, in that our colleges and universities offer our young people the advantages of outstanding training, which can rival any educational institution anywhere. No, in that our young people, if they have an above-averageb education, lack practice, i.e. they have never had the opportunity to apply the theory they have learned. |
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—— Pour l’instant, quels sont vos plus pressants besoins au service civil ? |
—— What are your most pressing civil service needs at the moment? |
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Boudreau : Il nous faut immediatement une quarantaine de jeunes gens solides, bien armes, bien formes, pour le ministere des Affaires exterieures. Il y a justement des examens en fin de semaine. Il s’agira de savoir quelle part les notres seront aptes a recueillir de cet examen. |
Boudreau : We need forty strong, well-armed, well-trained young people for the Ministry of Foreign Affairs immediately. There are exams this weekend. It remains to be seen what proportionate share of roles our people will be likely to reap from this exam. |
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— Le bilinguisme des notres peut-il les aider a Ottawa ? |
— Can our people’s bilingualism help them in Ottawa? |
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Boudreau : Considerablement. |
Boudreau : Considerably. |
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Notes biographiques |
Biographical notes |
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Natif de Chéticamp, en Nouvelle-Ecosse, M. Boudreau a complété ses études de High School dans cette province, et complete ses etudes classiques au college de Lévis. De la, il est passé à Ste-Anne de la Pocatière, d’ou il est sorti avec un diplome en agronomie, pour filer sur Harvard et en revenir avec un autre diplome en administration publique. Par la suite, il est retourne à Ste-Anne-de-la-Pocatière, mais cette fois comme professeur d’administration publique et d’organisation. Plus tard, il a fait avec succès un stage de quelques mois à l’UNESCO, pour revenir à Ottawa comme Commissaire du Service Public, avec MM. S.-H. Bland et Stanley Nelson. Il remplace M. Thivierge, maintenant retraité. |
A native of Chéticamp, Nova Scotia, Mr. Boudreau completed his high school education in that province, and went on to complete his classical studies at Lévis College. From there, he went on to Ste-Anne de la Pocatière, where he graduated with a degree in agronomy, then went on to Harvard and returned with another degree in public administration. He then returned to Ste-Anne-de-la-Pocatière, this time as a professor of public administration and organization. Later, he successfully completed a few months’ internship at UNESCO, before returning to Ottawa as Public Service Commissioner, working with Messrs S.-H. Bland and Stanley Nelson. He replaces Mr. Thivierge, now retired. |
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— Vous aimeriez ajouter quelque chose à cet interview, M. Boudreau ? |
— Would you like to add anything to this interview, Mr. Boudreau? |
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Boudreau : Je souhaite que mon passage au service civil du Canada ait une répercussion heureuse pour les Canadiens-français au sein du Service. |
Boudreau : I hope that my time with the Civil Service of Canada will have a happy impact on French-Canadians within the Service. |
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M. Boudreau a aussi quelque peu expliqué les méthodes de psychologie industrielle employées à Ottawa, et qui n’ont rien à envier à celles en vigueur dans l’industrie et le commerce. |
Mr. Boudreau also explained a little about the industrial psychology methods employed in Ottawa, which are not unlike those used in industry and commerce. |
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Les méthodes du service civil, a-t-il dit, évoluent progressivement comme celles de tout autre enterprise privée. |
Civil service methods, he said, are gradually evolving like those of any private company. |
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