17. La Presse, 29 NOV 1962 *
D R A F T
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“Une manifestation anti-Gordon fait quatre blessés à Québec” Super-title: “Les séparatistes à l’oeuvre”. Cahier no. 2, 21-38, page 21. (The label in BANQ said page 14, another wrong one!) Top-right corner.

Une manifestation anti-Gordon fait quatre blessés à Québec. La Presse, 29 nov 1962
Les séparatistes à l’oeuvre
Une manifestation anti-Gordon
fait quatre blessés à Québec
QUEBEC (PC) — Une personne a dû être hospitalisée hier soir et trois autres ont subi des blessures légères un cours d’une manifestation où M. Donald Gordon, président des Chemins de fer nationaux, a été pendu en effigie et ensuite brûlé.
Des manifestants ont dégonflé les pneus de l’automobile pendant qu’un orateur, juché sur le toit d’une camionnette, exhortait “les Nègres blancs du Québec” à la révolution.
La majorité des manifestants étaient des membres du Rassemblement pour l’indépendance nationale, un mouvement séparatiste, et des étudiants.
Les manifestants ont brûlé l’effigie de M. Gordon et un Red Ensign.
La foule criait des slogans tels que “Mort au traîtres” “A nous la liberté” et “Sauvons nos droits”.
L’un des membres du RIN a exhorté la foule à ne plus chanter “O Canada”, mais a remplacer ces mots par “O Québec libre”.
Un autre a dit : “Si nous ne voulons pas mourir brûles dans les eglises, comme les patriotes de 1837, il est temps de passer a l’action.”
Les quelques membres du RIN qui ont pris la parole devant les manifestants l’ont fait à l’aide d’un haut parleur installé sur un camion dont le toit servait de tribune.
La manifestation qui a partiellement paralyse la circulation pendant une vigntaine de minutes avait été précédée d’une parade de quelque 60 automobiles a travers les rues de Québec.
Par ailleurs, Me Guy Pouliot, président national du RIN, etait absent et il a déclaré qu’il n’était pas en faveur du fait que l’on brûle des drapeaux.
“Nous n’aimerions pas que les autres nations brûlent nos drapeaux”, a commenté Me Pouliot, “pourquoi brûler ceux des autres?”
Ironie du sort, c’est un soldat de l’Armée canadienne, Jran-Vvcs Savard, 19 ans, qui a dû être conduit à l’Hôtel-Dieu après qu’une automobile, dans laquelle se trouvaient deux femmes, ont heurté quatre manifestants qui faisaient partie d’une foule de quelque 300 personnes qui avait envahi le cam d’Youville, en plein centre de Québec.
Jean-Miville Deschesne, membre actif du RIN, a averti les Québécois que cette manifestation était la première et qu’elle allait marquer le début de la révolution québécoise.
“Et ce n’est pas la dernière”, a-t-il crié aux applaudissements des manifestants.




