11. La Presse, 27 NOV 1962
“Baisser notre niveau de vie ou devenir le 51e Etat américain” by Lysiane Gagnon. Top-left, easily 1/3 of page 20. Major interview with GERARD PELLETIER, Editor-in-Chief of La Presse. He will be fired from La Presse in 1964 because of his leftist activities. A bit too late, they should have thrown him out before this one, i.e. the “Gordon Incident” manufactured by La Presse with hue and cry taken up by Le Devoir and others.

“Baisser notre niveau de vie ou devenir le 51e Etat américain” by Lysiane Gagnon.
La Presse, 27 NOV 1962
“Dilemme possible devant la situation du Canada”
“Baisser notre niveau de vie ou
devenir le 51e Etat américain”
— Gérard Pelletier
by Lysiane Gagnon
“M. Donald Gordon est un parfait exemple du séparatisme anglo-saxon. Son attitude est celle d’un homme qui dit croire au bi-culturalisme canadien, oui, mais à condition que le groupe majoritoire puisse ignorer totalement le groupe minoritaire — même en ce qui concerne les services publics. M. Gordon croit en l’avenir du Canada, mais gaspille l’argent des contribuables en administrant nos chemins de fer à perte …”.
M. Gérard Pelletier, directeur de Cité Libre, et rédacteur en chef de LA PRESSE, invité hier midi au Canadian Club, parlait du Canada : “Y croit-on vraiment ? demandait-il au début de sa causerie, en précisant que le patriotisme enflamme, quasi-religieux, qui se traduit par une volonté de domination, est bel et bien passé de mode et dépourvu de sens. “La foi en son pays doit s’exprimer en termes de civilisation.” Elle doit être faite d’orgueil national et de conscience internationale, d’éveil aux problèmes mondiaux, le second élément prenant le pas sur le premier.
“Comment nos concitoyens voient-ils le Canada? …” Certains se complaisent dans une sorte de romantisme basé des reminiscences historiques. D’autres, dans le pessimisme : c’est l’attitude la plus courante, qui consiste à nous plaindre de ce que nous ne sommes pas une grande puissance, mais a xxxxxx de tenir notre role — notre role modeste, mais notre role à nous — sous prétexte que ça n’en vaut pas la peine.
Nous n’avons pas encore réussi à nous débarrasser de notre vieille mentalité de colonisés. L’Empire britannique s’est éffondré à jamais. L’Angleterre n’est plus qu’une puissance secondaire. Le Commonwealth perd de son influence. Et pourtant, le Canada se conduit comme un orphelin à la recherche d’une mère autoritaire, attendant des USA qu’ils prennent à notre place les décisions que prenait, auparavant, l’Angleterre.
“Cette mentalité, de continuer le conférencier … ne se retrouve pas seulement dans notre vie politique, mais dans les relations entre les deux groupes ethniques.

LE REDACTEUR EN CHEF DE LA PRESSE, M. Gérard Pelletier, était hier le conférencier au lunch du Canadian Club. Il parla, en anglais, de l’attitude des Canadiens envers leur propre pays, et de la politique canadienne.
“Un petit groupe de Canadiens francais veulent la séparation. Les Anglais célèbrent La Confederation, mais refusent, au nom de l’efficacité du gouvernement, de rendre a l’élément francophone ce qui lui revient … Rappelez-vous le refus de M. Diefenbaker, lorsqu’il lui fut suggéré de faire une enquête royale sur le bilinguisme …”
Après avoir cité “le cas Gordon”, M. Pelletier a reproché aux hommes d’affaires et aux économistes “leur peur de tout ce qui n’a pas d’abord été experimenté aux Etats-Unis. Ils craignent tout, du communisme à l’abolition des tarifs, en passant par les syndicats, les taxes, la planification gouvernementale, et la disparition de l’entreprise privée. Comme dirait Claudel : “Du nouveau ! Du nouveau !” Mais qu’il soit en tous points conforme à l’ancien.”
“Nous pouvons même nous demander si notre pays pourra survivre, non aux problèmes qui lui font face, mais au pessimisme de ceux qui devraient les régler. D’accord, nous sommes dans une situation difficile, et, peut-être, devant ce terrible dilemme : abaisser notre niveau de vie ou devenir le 51e Etat des USA.
“Et pourtant, d’ajouter M. Pelletier, rien ne justifie notre attitude présente. Nous devons affronter le danger plutôt que d’en pleurer. Que nos politiciens, nos hommes d’affaires et nos économistes nous disent la vérité, et qu’en même temps ils nous fournissent un plan d’action bien défini !
J’en suis venu à penser que ce sont nos artistes, nos poètes, qui ont, avec le plus de sens pratique, foi en notre pays. Ce sont eux qui seraient les plus justifiés de craindre l’avenir car si le standard de vie doit diminuer, c’est la création artistique qui en subira la première, le contre-coup, et si le Canada doit renoncer à son identité nationale, qu’adviendra-t-il de l’art canadien — particulièrement canadien-français ?”
Et pourtant, jamais ils n’ont été aussi actifs dans la vie de la nation, jamais ils n’ont autant produit.
“Voila l’exemple à suivre. La face du Canada changerait si nous étions tous, autant qu’eux, ouverts aux influences étrangères. Si, par exemple, nos industriels se préparaient à adapter au Canada le système de Bien-Etre social de Scandinavie — comme les peintres, eux, s’ouvrent aux apports de Paris ou de New York …
Croyons-nous au Canada.”
“Oui, mais à la façon d’adolescents. Alors que l’étranger nous considère déjà comme un pays adulte, nous n’avons pas encore conquis notre liberté intérieure. Nous passons du complexe d’infériorité à l’orgueil le plus insense, du pessimisme absolu à l’optimisme béat.”
M. Pelletier termina son exposé en suggérant comme remède à cette “crise d’adolescence” un traitement collectif à long terme de psychothérapie basé sur la connaissance des faits, sur la connaissance de nous-mêmes.
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A nice little pro-Commie speech at the Canadian Club.
Notes: Isn’t Lysiane Gagnon a Bilderberger (i.e. pro-Communist –and controlled press. I doubt that she ever covered her Bilderberg attendances in La press. TO DO: McGill, BANQ, search for her La Presse items after her Bilderberg visits.) OCR & translate.
Previous day, 26 Nov 1962, Pelletier was addressing the Canadian Club. (Significance of the Canadian Club? Who hangs out there and why?)
BIG DAY 26 NOV 1962: demand for inquiry; and speech to Canadian Club by Pelletier, Editor-in-Chief, La Presse.
Notes: under-scoring the fact that all of this Donald Gordon business is a set-up, is the fact that they have always intended to destroy Canada post-WWII, they just didn’t know how and were feeling their way along. Proof of intent is Pierre Trudeau’s research work in the PCO in 1949: the essential attributes of “federal-ISM”. In other words, he was deconstruct-ting Canada. The purpose had to be to reconstruct it some other way. We see that purpose and the plan in Trudeau’s own words in the April 1962 article in CL: “Nouvelle trahison”. We see it again in the title of his speech the night before the 1980 referendum: “End of nations”. Trudeau and his ring are attacking the nation-state to replace it with city-states.
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Here’s the contrast. This is 1962. The Lesage “liberals” got in preaching The Great Darkness, the economic backwardness of Quebec. (Their hidden panacea: communism.) The reality is, communism destroys your standard of living. Is it perhaps intentional then that we find Pelletier at the Canada Club issuing a plea FOR communism precisely TO “lower” our standard of living, on threat of being annexed to the USA? But, the reds intend to annex us, and to communize USA as well!
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