10. La Presse, 26 NOV 1962 *

Source:  La Presse, cahier no. 4, pages 39-52.  Montréal, lundi 26 novembre 1962, page 39.

Manifestation de membres du RIN contre Gordon, La Presse, 26 nov 1962

Manifestation de membres du RIN contre Gordon /  Pèlerinage de la Société historique de Montréal.    La Presse, 26 nov 1962

Sur la photo à gauche :  “Insultes et miettes, jamais plus!” -et- “Canadiens-français réveillons-nous !”

Légende au-dessous de la photo à gauche ;  Pas besoin de souligner que le RIN n’approuve pas M. Gordon …

Légende au-dessous de la photo à droite ;  Le docteur Adrien Archambault, président de la Société historique de Mont­réal, dépose une couronne de fleurs au pied du monument commémorant la pendaison des 12 patriotes, à Montréal.

125e anniversaire des événements de 1837-38

Manifestation de membres du RIN
contre Gordon
Pèlerinage de la Société historique de Montréal

Par Jean SISTO

Cent vingt cinq ans après les événements de 1837-38, les patriotes modernes sont retournés aux lieux qui virent les Patriotes lever l’étendard de la révolte contre les “bandits rouges”, aux lieux qui les virent vaincre un moment et succomber bientôt :  village de St-Denis, dans la vallée du Richelieu, victoire … St-Charles, quelques milles plus loin, défaite qui amena la pendaison des 12 d’entre eux.

Ce “pèlerinage historique” sur les traces de ceux qui “vaincus par le nombre triomphèrent par l’histoire” avait été organisé et préparé par la Société historique de Montréal.  Elle aussi, la Société, fut vaincue par le nombre, non pas des Anglais mais des membres du Rassemblement pour l’indépendance nationale (familièrement, le RIN).  Formant la grande majorité des quelque 200 ou 300 personnes présentes, le pèlerinage se transforma vite en croisade … qui se termina, en face de l’hôtel Reine Elizabeth, par la mise à feu de l’effigie de M. Donald Gordon, président des Chemins de fer nationaux.

Le Pied-du-Courant, à Montréal ne fut pas toujours une source de gaieté.  C’est à cet endroit que se déroula l’épilogue immédiat de la rébellion de 1837 :  la pendaison de 12 des meneurs.  La Société historique y avait donné rendez-vous, hier après-midi, aux pèlerins-croisés.  Après l’Appel aux morts et la rappel de leurs gestes héroïques, une longue caravane d’automobiles se forma et s’écoula en direction du village de St-Denis, derrière un char allégorique représentant Louis-Joseph Papineau et les Patriotes, en costume d’époque.

Un monument rappelle à ce paisible village sis au bord du Richelieu qu’en 1837 la paroisse de St-Denis s’insurgea contre les Anglais et les vainquit.  Ce monument est d’ailleurs bilingue … On s’empressa vite de faire disparaître l’inscription anglaise sous un drapeau fleur-delysé avant la cérémonie, à laquelle assistait M. René St-Pierre, député du comté.  O Canada, lecture des Déclarations de St-Ours, coups de canon (canon d’une quinzaine de pouces tirant des cartouches), allocutions patriotiques, re :O Canada pendant le RIN distribuait “de la littérature” et vendait des cocardes.

On discutait, dans la foule, séparatisme, candidature de Marcel Chaput dans Bourget et ses résultats, et Louis-Joseph Papineau (personnifié par un M. Yvon Brisson, du RIN) rappelait “ces champs aujourd’hui si paisibles, hier rougis du sang des nôtres.”

Le drapeau des Patriotes était en montre, ainsi que divers autres objets du temps, à l’école.  Ce drapeau arbore comme symboles un poisson, un doré plus précisément, et des feuilles de chêne qui représentent la force, la vaillance, l’endurance.

En route maintenant vers le village de St-Charles, où la défaite attendait jadis les Patriotes.  Une brève cérémonie se déroula, mais déjà l’Histoire cédait le pas au présent.  Le RIN ne voulait pas laisser passer les dernières paroles de M. Donald Gordon à propos des Canadiens français et des vice-présidences au National Canadien.  Un mannequin à son effigie a été brûlé en face du Reine Elizabeth, propriété des Chemins de fer nationaux.

La police montréalaise avait pourtant été prévenue et, d’accord ou non avec les opinions de M. Gordon, n’entendait pas voir en plein coeur de la métropole un tel feu vindicateur.  Mais la vigilance de la dizaine d’agents fut quand même trompée, et M. Gordon brûla.
 


Moment d’émoi

Moment d’émoi à St-Denis :  le monument commémoratif est bilingue.  Passe encore.  Mais les inscriptions sont de couleur dorée, sur pierre grise (donc assez peu visibles) et un farceur avait passé l’inscription anglaise à la craie :  si bien qu’ à la tombée du jour, on ne voyait plus qu’elle …
 

125<sup>e</sup> anniversaire des Patriotes de 37-38.  La Presse, Montréal, samedi, 2 NOV 1962, page 2

Suite:  125e anniversaire des Patriotes de 37-38.  La Presse, Montréal, samedi, 2 NOV 1962, page 2.
 

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Definition:  rabble-rousing
Adjective:  rabble-rousing  'ra-bulraw-zing
1.  Arousing to action or rebellion

"By contrast, such people fear charismatic or rabble-rousing oratory because it seems to by-pass the rational faculties of the audience"

-- WordWeb 7, 2006, Princeton University

Donald Gordon burned in effigy by the rabble
Donald Gordon burned in effigy (1962)
Railway Committee Minutes: What he really said
Committee Minutes (Original English)
Committee Minutes
(Original English)

Committee Minutes (Official French)Committee Minutes
(Official French)
Événements mal compris / Events Misunderstood
FINISH OCR'ing and footnoting this article: https://thedonaldgordonincident.net/quebec-and-the-future-of-canada-d-j-dooley-for-the-review-of-politics-vol-27-no-1-jan-1965-pp-17-31-accepts-the-headlines-misses-the-communist-infiltration/
Effigy Burning (University of Ottawa)

6 DEC 1962

300 étudiants ... brûlent Donald Gordon - 10 arrestations ...
“300 étudiants ... brûlent Donald Gordon ... La Presse, 6-12-1962
“300 students ... burn Donald Gordon ...” La Presse, 6-12-1962

TO DO: I need to find out who organized this, and if they're red, put it down to Communist mobilization, move it up to the other widget.   ADD Hull, if I keep this category: https://thedonaldgordonincident.net/la-presse-10-dec-1962/